JUSTE UN TITRE?

Interrogé pour savoir ce qu’il avait pensé de mon album de piano solo, “l’inévitable? léviter”, mon neveu risque: “c’est bon…mais j’ai trouvé que tu ne racontais pas une histoire…” Ayoye! Mon neveu de 20 ans souhaiterait-il un retour aux “album-concept” populaires à une époque où il n’était même pas né? (Note: il semble, selon certains spécialistes que les album-concept, disparus avec les années '80, reviennent en vogue depuis environ  2010).  Ça m’a quand même fait réfléchir un peu. En fait, je lui ai répondu que l’album racontait l’histoire…de ma vie. Parce que c’est réellement une anthologie de tout ce que j’ai composé pour le piano depuis mes 19 ans. Forcément, il y a un peu de tout et le défi était de créer des enchainements qui fonctionnaient. Je vous laisse juger si j’ai réussi ou pas. En plus, en cette époque de short attention span, je ne m’attend pas à ce que les gens fassent jouer l’album de bout en bout à chaque fois (mais vous le ferai peut-être;). Libre à chacun de créer sa/ses playlist

Peut-être que c’est le titre qui suggère un “concept”? Ah, le titre! Qu’est-ce que ça veut dire? Il serait commode de dire: “je préfère que les gens y aillent de leur propre interprétation”…mais ça ne ferait pas une bien longue chronique! Alors bon, voici… Bien sûr, “l’inévitable”, c’est tout ce qui nous pend au bout du nez, surtout rendu à un certain âge. Non seulement notre propre mortalité, mais toutes ces catastrophes annoncées par le réchauffement climatique, la détérioration fulgurante des écosystèmes, la mondialisation aveugle et l’augmentation exponentielle des inégalités, la montée des extrémismes, etc, etc. Mais “…léviter”? Au delà du petit jeu de mot (non, je n’ai pas oublié l’apostrophe!), c’est peut-être… un antidote…? 

[léviter v. intran. de lévitation ➤s’élever au-dessus du sol. (Petit Robert)]. Un moine tibétain avec ça? Non, juste une métaphore pour “accomplir quelque chose qui semble impossible”. La première chose qui nous vient à l’esprit ce sont des exploits individuels comme ce dentiste, laissé pour mort quelque part en haut de l’Everest et qui est redescendu tout seul au milieu d’une tempête. Ses chances devaient être de moins d’une sur des millions…mais il a réussi! Mais au-delà des efforts individuels surhumains, c’est plutôt de réussir “l’impossible” collectivement dont il est question… 

Un autre aspect du “léviter”, ce serait peut-être une certaine dimension spirituelle, une façon de s’élever au-dessus des choses matérielles omniprésentes dans notre monde d’hyper-consommation. Prendre du recul, réfléchir, méditer quoi. Voilà: pas un concept, juste un contexte dans lequel ma musique se présente humblement au monde.

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